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Une vache laitière bien curieuse

 

 

Cette semaine, nous avons eu la chance d’aller visiter la ferme laitière de FUNDO EL RISQUILLO, au sud de SANTIAGO. Il a fallu faire des pieds et des mains pour pouvoir pénétrer dans ce gigantesque complexe de 4 000 hectares et de 520 salariés. Mais après avoir obtenu l’autorisation d’y accéder, c’est en remontant du sud du Chili que nous nous sommes fait déposer à l’entrée de la ferme ou Allan, chilien parlant parfaitement l’anglais nous y attendait.

 

Robot VMS DeLaval

Un des 16 robots DeLaval déjà en place sur site.

 

Avec 6 500 vaches laitières Prim’Holstein, cette ferme, détenue par ANCALI, est la deuxième plus grande exploitation laitière du pays, derrière une ferme de modèle “néo-zélandais” située dans les pâturages plus au sud. L’exploitation d’ANCALI va devenir la plus grande ferme robotisée du monde car elle s’apprête à installer quelques 64 robots de traite VMS DeLaval en 6 mois seulement. Chaque jour, l’exploitation produit 230 000 litres de lait. Jusqu’à récemment, il n’y avait pas de tank à lait, et près de 30 camions venaient quotidiennement récolter le lait pour l’amener 500 kms plus au nord, à SANTIAGO.

 

 

Un des 4 carrousels de l'exploitation

Un des 4 carrousels de l’exploitation.

 

Allan nous a donc fait faire le tour du propriétaire avec une visite des anciennes salles de traite rotative, dont une partie continuera à fonctionner en complément des nouveaux robots. Concernant le délai d’installation de ces derniers, Allan nous confie que c’est une opération “risquée”, surtout en si peu de temps. Cependant, 16 robots étaient déjà en place depuis 2 ans et ont servi d’expérimentation, permettant ainsi au producteur  d’être rassuré sur le niveau de production et la qualité du lait à venir. Nous allons d’ailleurs pouvoir voir le fonctionnement de l’un d’entre eux. Devant nos yeux, une vache va entrer dans le “sas”, se faire scanner. Puis un échantillon de lait va être collecté par le bras mobile du robot. La qualité du lait est analysée en temps réel et si celle-ci convient, la traite peut avoir lieu.

 

L’objectif de cette mécanisation de la traite est principalement la réduction des coûts de main d’œuvre. En effet, la mise en place des robots devrait permettre, à terme, de réduire l’effectif de salariés de 150 personnes environ (aujourd’hui environ 520 salariés travaillent sur la ferme (culture et lait). De plus, un gain de production est également attendu.

Allan nous explique le mécanisme de traitement des eaux usées.

Allan nous explique le mécanisme de traitement des eaux usées.

 

 

Après avoir fait le tour des bâtiments, Allan nous explique que la ferme Fundo El Risquillo est également équipée d’un système de recyclage des eaux usées qui fonctionne par décantation et aération. Il nous confie que sous nos pieds se trouvent 4 méthaniseurs sous-terrain qui produisent 40 000 mètres cubes de méthane par an.

 

 

 

 

Puis Allan nous embarque à bord de son 4×4 pour faire un tour de plaine. Il nous explique que pour nourrir ses animaux, la ferme n’a que très peu besoin de l’extérieur, les vaches peuvent compter sur les 4 000 hectares de cultures alentours. Lors de notre traversée des champs, Allan nous livre un détail amusant : l’une des principales difficultés de la région étant le manque d’eau, pour déterminer l’assolement, chaque année, un spécialiste est envoyé dans les montagnes pour y faire des relevés d’épaisseur de neige, permettant de connaître la quantité d’eau qui sera disponible (via pompage dans la rivière) pour la saison.

500 vaches à viandes restent en extérieur, tandis qu'un millier est sous abri.

500 vaches à viandes restent en extérieur, tandis qu’un millier est sous abri.

 

 

Ensuite Allan nous amène visiter une seconde exploitation située à quelques kilomètres de là, où se trouvent les vaches à viande (Red et Black Angus principalement, ainsi que les vaches de réforme) qui seront vendues à TEMUCO.

 

 

 

 

Puis nous terminons notre escapade par une visite d’un superbe haras nouvellement créé.

Un superbe manège à chevaux nouvellement créé.

Un superbe manège à chevaux nouvellement créé.

Sur la ferme, un hara vient d'être construit à quelques kilomètres de là.

Sur la ferme, un haras vient d’être construit à quelques kilomètres de là.

Un mur de maïs ensilage haut de 5 mètres.

Un mur de maïs ensilage haut de 5 mètres.

 

 

 

Allan finit par nous expliquer que le système laitier est déficitaire depuis longtemps, mais heureusement le propriétaire de l’exploitation (également propriétaire de la principale compagnie aérienne du Chili et d’une compagnie de transport) est très riche et il renfloue régulièrement les caisses de la ferme car “il adore les vaches!”. Il espère que la mise en place de robots lui permettra d’être plus compétitif à terme.

 

 

 

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Lors de notre séjour dans le sud du Chili, nous avons rencontré Jérôme DARGENT, français expatrié depuis 35 ans.

Voici une interview de Jérôme ou il nous présente succinctement son parcours, son entreprise et nous parle de l’agriculture de la région de TEMUCO.

 

 

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Cette semaine, nous voici arrivés au Chili où nous avons rencontré Jérôme DARGENT, prestataire de service français installé dans la région de TEMUCO, le grenier à blé du Chili. Grâce à Jérôme et à ses connaissances, nous avons pu partir à la découverte de l’exploitation de Carlos GUTIERREZ OLGUIN, agriculteur propriétaire de 1 304 hectares divisés en 6 sites d’exploitation.

Au Chili aussi, les agriculteurs qui le souhaitent se regroupent régulièrement pour des journées “techniques” chez l’un d’entre eux. Ces groupes, appelés GTT (Grupo de Transferencia Tecnologica) sont plus ou moins l’équivalent chilien de nos GEDA.

Cette fois-ci le groupe d’agriculteurs a rendez-vous chez Carlos, qui nous accueille chaleureusement. Il emploi 8 salariés permanents sur son exploitation, dont un chef de culture. A notre arrivée, un document synthétisant l’exploitation est remis à chaque personne présente. Dans celui-ci on voit que Carlos s’est récemment beaucoup agrandi. En effet, il est passé de 500 hectares en 2010, à 1 300 désormais. Son assolement est composé de blé (398 ha), d’avoine (320 ha), de forêt d’eucalyptus (162 ha), de pins (197 ha) et d’autres bois (207 ha). Ses rendements en blé varient entre 42 qtx/ha et 75 qtx/ha. En avoine, cela va de 50 à 70 qtx/ha. Le document remis présente aussi l’ensemble du parc matériel et les itinéraires culturaux. Ainsi chaque agriculteur du groupe va pouvoir donner son avis sur les décisions techniques de Carlos à la fin de la journée.

La visite de l’exploitation débute par le tour des bâtiments: le local phyto, le hangar de stockage de grain, de stockage de matériel. Puis nous montons dans les 4×4 pour aller faire le tour des champs. Nous allons découvrir que Carlos défriche régulièrement des forêts pour transformer ces surfaces en terres arables. Par ailleurs, Carlos étant propriétaire d’une société de BTP, il utilise ses machines et ses salariés pour édifier un impressionnant réseau de larges chemins tout autour de ces nouvelles surfaces. Nous passerons finalement près de 2 heures à voir des parcelles en cours de défrichage.

Notre accompagnateur, Jérôme, nous expliquera plus tard que à l’instar de Carlos, tous les agriculteurs de la région sont plus des hommes d’affaires que des fermiers. En effet, ils ne montent que très rarement sur un tracteur et pour beaucoup d’entre eux, leurs problématiques principales restent la valorisation de l’argent gagné dans un autre domaine.

Parmi les problématiques locales, Carlos nous explique également qu’il est actuellement en procès avec la communauté indigène de la région, les indiens Mapuche, qui revendiquent la récupération de leur terres d’origine et demandent à ce que soit conservés les bois. Nous apprendrons aussi que des “attentats” frappent régulièrement la région. Ainsi des tracteurs sont parfois retrouvés brûlés dans les champs…

Au cours de notre visite, il nous prend l’idée “farfelue” de parler de coopérative… Apparemment, il s’agit d’un mot à oublier tout de suite dans le monde agricole chilien. Jérôme nous expliquera le caractère “individualiste” des céréaliers de la région de TEMUCO.

Voici une courte vidéo illustrant notre visite, notamment concernant le stockage et la vente des céréales :

 

 

 

 

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Dans la Barossa Valley, point de coteaux mais plusieurs cépages et tout particulièrement la Syrah. Il y tombe peu de précipitations, et les vignes poussent à plat, sous un soleil de plomb. D’ailleurs ici, pas de pallissage, ni d’effeuillage, pour protéger les baies. 90 % du vignoble est irrigué, mais pas chez Joseph “Joe” Evans (Ballycroft Vineyard and Cellars) qui cultive seul et à la main 6 hectares de vignes. Chez lui, les baies sont donc plus petites et très concentrées en sucre. Il obtient ainsi un vin titré à 16 – 20 % d’alcool, mais pourtant très équilibré.

Au bout de la rue, la “winerie” Murray Street a quant à elle recours à l’irrigation pour son vignoble et obtient des raisins bien plus gros qui donnent un vin plus doux et classique à 12-14°. Là, nous rencontrons Florian, installé en Australie, et nous avons droit à une visite guidée dans la langue de Molière. Il nous explique donc que la cuverie fonctionne un peu comme une coopérative : 60 % des 500 à 600 tonnes pressées ici chaque année sont déposées par les producteurs des environs, le reste provient de vignes appartenant à la winery.

Les mélanges sont possibles et le plus courant est le GSM (Grenache, Syrah, Mourvèdre), mais on trouve aussi du Syrah/Cabernet, Syrah/Mourvèdre ou Syrah/Viagnier.

Les vendanges s’échelonnent entre février et avril, suivant les cépages : on récolte d’abord la Syrah, puis le Cabernet et enfin le Mourvèdre.

Après la vendange, le raisin est amené à la winery dont les installations sont semi-extérieures. En effet, le climat de la vallée ne nécessite pas de les protéger de la pluie (il n’y a aucune précipitation entre janvier et mai) :

Florian nous montre le fonctionnement de l’érafloir

 

1. Eraflage : si le raisin est trop chaud à la cueillette, ce dernier est refroidi avant de passer par l’érafloir. Les baies sont séparées des rafles. Les vendangeuses mécaniques utilisées pour les vignes hautes sont parfois équipées d’un érafloir.

 

 

 

 

 

Fouloir

 

2. Foulage : pour certains cépages à la peau “dure” un passage par le “crusher” est nécessaire : les raisins sont délicatement éclatés pour permettre la libération du jus sans altérer les pépins.

3. La première fermentation alcoolique va utiliser des levures pour transformer le sucre en alcool et en différents éléments secondaires.

4. Pressurage : Murray Street s’est équipé de pressoirs nouvelle génération qui ont remplacé les modèles traditionnels en bois.

Installations semi-extérieures

5. La fermentation malo-lactique à température contrôlée : pour l’élaboration des vins rouges (majeur partie des vins produits chez Murray Street), cette seconde fermentation permet de transformer l’acide malique en acide lactique. Ici, elle nécessite entre 2 et 4 semaines et il est souvent nécessaire d’ajouter de l’acide tartrique au cours de la fermentation. Le domaine Murray Street est équipé de 36 cuves de 6 tonnes chacunes et de quelques-unes de 18 tonnes.

 

 

 

 

 

Une dégustation dans le chai6. Mise en fût, pendant 6 mois à 2 ans. Les fûts en chêne utilisés proviennent de tonnelleries de France et des Etats-Unis.

On trouve des bouchons à vis sur toutes les bouteilles, même pour les vins de garde.

La winerie Murray Street exporte son vin en Chine, aux USA et au Canada.

Joe, lui, n’exporte pratiquement pas, car il ne produit qu’environ 500 bouteilles par an. Par ailleurs, les consommateurs (notamment les Européens) ne sont pas habitués à son “big wine” à haute teneur en alcool. Horticulteur, il fait également pousser une grande variété de fruits, légumes et plantes aromatiques vendus localement. Le raisin qu’il récolte est emmené au bout de la rue, à Murray Street, pour le pressurage (au pressoir à l’ancienne) et la vinification, mais Joe garde la main sur tout le processus et sa production garde sa spécificité et son équilibre.

Rencontre avec "Joe"

En Australie, la vente de boissons alcoolisées est taxée à 40 %, et Joe nous explique que le gouvernement envisage de mettre en place une taxation progressive en fonction du taux d’alcool : ainsi, un vin “fort” comme le sien sera plus taxé qu’un vin doux. Il craint que cela n’entraîne une baisse de qualité chez les gros producteurs, qui tenteraient de baisser le titrage alcoolique de leurs vins juste en dessous des palliers fixés par les autorités afin de diminuer les prélèvements fiscaux, même si cela risque d’altérer leur qualité gustative.

pour gouter le vin de Joe: http://www.ballycroft.com/

 

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Cette semaine, nous sommes partis à la rencontre de Leigh FITZGERALD et de sa femme Laura en Australie du sud, et plus précisément dans la petite ville de KIMBA. Leigh est céréalier et exploite actuellement 4 400 hectares de terres agricoles dans l’une des régions les plus sèches de l’état. Nous allons vite nous apercevoir que nos références champenoises n’ont pas lieu d’être ici. En effet, Leigh exploite ses 4 400 hectares avec un seul salarié et avec l’aide ponctuelle de son père. Il n’a qu’une seule moissonneuse et seulement 3 tracteurs. Bon ! le ton est donné.

Leigh s’est installé, sans aucun aide, il y a 20 ans en reprenant la ferme familiale. Avec son père, il est aujourd’hui propriétaire de 3 500 hectares et a repris cette année 400 hectares en location pour une durée de 3 ans renouvelable.

Notre entretien durera plusieurs heures, voici quelques extraits de celui-ci où Leigh nous présente son exploitation, nous donne un aperçu du prix des terres agricoles australiennes et de la politique agricole du pays. Lors de la visite de son exploitation, il nous présente aussi sa lutte contre l’un des principaux problèmes de l’agriculture sud-australienne: le manque d’eau.

Voici une vidéo de notre rencontre:

Et quelques photos de notre visite:

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L’Australie est plus grande que l’Europe, et les distances entre villes sont impressionnantes. Il n’est pas rare de parcourir 250 kilomètres en ne voyant aucune habitation. Lors de notre traversée de l’Outback Australien pour rallier Alice Springs depuis la côte Est, la monotonie des paysages de désert et steppes a été rompue par notre rencontre fortuite avec un convoi de bovins arrêté. L’occasion était trop belle d’aller échanger avec le chauffeur et les quelques “drovers” présents pour s’occuper des animaux descendus du gigantesque camion à 3 remorques.

Nous étions à peine sortis de la voiture que quelqu’un était déjà en train de nous faire des grands signes pour les rejoindre… l’accueil australien que nous avons eu la chance d’expérimenter à maintes reprises ! En arrivant près du ROAD TRAIN (camion pouvant tracter jusqu’à 4 remorques) de 53 m de long, le chauffeur était occupé à faire sortir les quelques 250 bovins du camion, à l’aide d’un “TASER” dont l’extrémité délivre des petits chocs électriques. En fait, nous apprendrons plus tard qu’il s’agit là d’une infime partie des bovins de la station d’élevage d’Alexandria, la seconde plus grande exploitation d’élevage du monde et 1ère d’Australie, avec quelques 80 000 têtes au total réparties sur 1 600 000 hectares. Le chauffeur nous explique que ces animaux proviennent d’une ferme dans l’Ouest et sont déposés ici avant qu’un nouveau ROAD TRAIN venant de l’Est ne viennent les chercher le soir même pour les amener vers des pâturages plus verts… Le chauffeur nous explique que cette station appartient à une firme anglaise nommée NAPCO (North Australian Pastoral Company) et qu’il a toujours travaillé dans cet élevage.

L’accent “du bush” du chauffeur, un aborigène aux yeux bleus, est tel que nous avons parfois bien du mal à comprendre ce qu’il nous dit, mais ce personnage tout droit sorti d’un western mérite bien une courte vidéo de notre rencontre :

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En Australie, la canne à sucre est cultivée sur 2100 kilomètres, le long de la côte Est, entre Mossman et Grafeton. Avec 4000 fermes dédiées, c’est l’une des plus importantes industries du monde rural, qui place le pays en 3ème producteur mondial.

Nous avons visité celle de Gérard et Thérèse PUGLISI dans le Queensland. La grande majorité de leurs 190 ha de terres est destinée à la production de canne à sucre, mais ils se sont récemment diversifiés grâce à la culture du cacao (2 ha).

La canne

Les cannes peuvent atteindre 2 à 4 mètres de haut

Les cannes peuvent atteindre 2 à 4 mètres de haut

70 % du sucre dans le monde est produit à partir de canne, les 30 % restant étant issus de la betterave sucrière. Les pieds atteignent 2 à 4 mètres de haut et ressemblent à du bambou. Cette plante tropicale a besoin de beaucoup de soleil pour pousser, ainsi que d’au moins 1,5 mètre de précipitations annuelles ou d’un accès à l’irrigation (inutile sur les terres de la famille PUGLISI, puisqu’il pleut en moyenne 2500 mm d’eau par an dans cette partie du Queensland). Rien ne se perd dans la production : la canne fournit bien sûr du sucre, mais aussi des biocarburants, de l’électricité, du papier, du plastique et même des compléments alimentaires pour le confort digestif…

La culture de la canne à sucre

1. Planter

La canne pousse à partir d’un morceau de canne à sucre mature de 40 cm replanté par une planteuse spécifique qui les recouvre de terre et de fertilisants.

2. Faire pousser

Le climat tropical apporte beaucoup d’eau et l’ensoleillement nécessaire pour que les nouvelles pousses émergent du sol au bout de 2 à 4 semaines. Chaque plant peut donner naissance à une douzaine de jeunes pousses. Il faut ensuite attendre 9 à 16 mois dans le Queensland, mais de 18 à 24 mois dans les régions moins chaudes comme la Nouvelle Galle du sud, pour parvenir à maturité.

3. Coupe de la canne

La toute nouvelle moissonneuse coupeuse dans la cours de l'exploitation

La toute nouvelle moissonneuse coupeuse dans la cours de l’exploitation

La moissonneuse-coupeuse tranche les cannes à la base et les récolte puis les coupe en tronçons de 30 cm et les dirige vers une benne suiveuse. En Australie, la moisson a lieu d’ordinaire durant les mois secs, de mai à novembre. Lors de notre passage dans l’exploitation, la toute nouvelle machine de la ferme (762 000 $ = 495 000 € d’investissement) était à l’œuvre dans les champs.

 

 

 

 

 

 

 

Une courte vidéo de la récolte :

 

4. Transport jusqu’au moulin.

Wagons de canne en bout de champ prêt pour le transport.

Wagons de canne en bout de champ prêt pour le transport.

Pour minimiser sa détérioration et l’évaporation de son jus, la canne doit être acheminée au moulin dans les 16 heures qui suivent la récolte. Pour cela, des containers spécifiques sont remplis à la sortie du champ et acheminés en semi-remorque pour le transport routier ou via les 850 kilomètres de rail du « cane-train ». En effet, ce réseau très développé permet de relier la majorité des fermes à la sucrerie. Il faut d’ailleurs conduire très prudemment près des champs, car le train traverse la route en de multiples endroits sans se signaler autrement que par des feux clignotants (il n’y a pas de passages à niveau). Pendant la saison de la moisson, le train circule 24h/24 et 7j/7.

Mme Puglisi nous explique qu’en Australie, il n’y a pas de quota et que chaque agriculteur peut produire autant qu’il le souhaite. L’état impose des normes très strictes, mais n’apporte aucune aide financière. Selon elle, ce métier se fait par passion, celle de nourrir la population. L’installation d’un jeune est impossible s’il n’est pas issu du monde agricole. C’est d’autant plus vrai qu’il n’existe aucune aide à l’installation prévue par l’état. Son époux est le directeur de NextGen, programme développé pour répondre aux besoins de la nouvelle génération de cultivateurs de canne. Cet organisme apporte des conseils techniques, économiques et même patrimoniaux pour guider les jeunes agriculteurs.

En 2009, suite à la chute du prix de la canne, de nombreux exploitants ont fait faillite. Les Puglisi ont choisi de se diversifier de multiples manières pour faire face aux fluctuations des prix à venir. Ils se sont lancés dans la culture du cacao et la vente du chocolat et de produits dérivés (cosmétiques, moissonneuse miniatures…) dans la boutique ouverte au siège d’exploitation pour compléter les « farm-tours » qu’ils organisent plusieurs fois par semaine.

Dans le Queensland, l’ouverture des fermes au public est assez rependu et a sa place dans les brochures touristiques au même titre que les plongées sur la grande barrière de corail. La culture de la terre est un élément fondamental de la Culture du Queensland. La démarche d’inclusion de l’agriculture dans la culture locale, bien que déjà présente en Champagne-Ardenne, nous semble un élément qui pourrait progresser d’avantage et pas seulement dans le champagne ou l’agriculture biologique, mais aussi dans l’agriculture conventionnelle qui peut-être tout aussi intéressante pour le néophyte ou le touriste de passage.

 

 

 

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Après un silence radio de 4 semaines lié à des problématiques de connexions et blocages internet du blog par la Chine, nous voici à nouveau en zone internet accessible. La traversée de la Chine fut difficile et la durée de visite s’est raccourcie de 3 à 2 mois, à cause du grand nombre de difficultés rencontrées.

L’étranger en Chine est particulièrement “suivi” et ce d’autant plus lorsqu’il lui prend la curieuse idée de rentrer dans le pays, non pas par les airs, mais par la terre en passant la frontière avec le Vietnam… Rien que pour faire le trajet Hanoi (Vietnam) – Guilin (Chine) en train, il nous a fallu montrer 10 fois notre passeport !!!!

Une femme en tenue traditionnelle à Dazhai.

Une femme en tenue traditionnelle à Dazhai.

Par conséquent, sur l’approche agricole de la Chine, il nous a été techniquement impossible de partir par nous-même dans les campagnes pour y visiter des exploitations. Outre la difficulté liée à la langue chinoise (quasi impossible de trouver quelqu’un qui parle anglais en dehors de Pekin, Shenzhen, Xian et Shanghai…), l’accès aux fermes ne peut se faire que dans le cadre d’une demande réalisée bien en amont via les autorités compétentes avec peu de chance de réussite sauf à prouver que l’on peut leur apporter quelque chose. Malgré tout, au cours de notre voyage en Chine, principalement en train, nous avons traversé des villes gigantesques à la périphérie desquelles les gares ferroviaires géantes poussent comme des champignons, et entre lesquelles les rizières tentent de se faire une place. Ces paysages illustrant bien la principale problématique agricole de la Chine : le manque de terres arables…

Le village de Dazhai au milieu des rizières en terrasse.

Le village de Dazhai au milieu des rizières en terrasse.

 

En effet, aujourd’hui encore, l’agriculture occupe une part importante de la population active et comme dans beaucoup de pays du monde, l’un des grands défis agricoles de la Chine sera de produire plus, mais avec toujours moins d’espace disponible. Bien évidemment, synthétiser l’agriculture chinoise en un article reviendrait à mettre toutes les agricultures européennes dans le même panier tant les sols, la topographie, les conditions météorologiques sont changeants d’une région à l’autre.

 

 

 

 

Mais pour résumer, le système agricole chinois va devoir nourrir 20 % de la population mondiale avec seulement 10 % des terres arables. De plus, le désert avance toujours plus sur les pâturages du nord, et la pression urbaine consomme également toujours plus de terres agricoles. Pour résoudre cette équation, il reste bien sûr la solution de l’importation de denrées agricoles (pouvant parfois peser sur le marché mondial des céréales), mais aussi l’amélioration des performances techniques ou encore par l’intermédiaire d’une politique d’expansion agricole à l’étranger. Cette dernière option se traduit par des investissements de plus en plus conséquents dans des terres et des fermes d’autres pays du monde, notamment en Asie du sud-est, en Afrique et en Australie.

Les rizières en terrasse du dos du dragon

Les rizières en terrasse du dos du dragon

 

 

Sans surprise, la principale culture que nous avons rencontrée était le riz, dont la zone d’implantation s’étend de la vallée du Yang Tse à la frontière vietnamienne au sud. La riziculture prend alors diverses formes selon que l’on se trouve en vallée ou dans les zones de montagnes. Les plus impressionnantes sont sans conteste les rizières en terrasse du Dos du Dragon dans le Guangxi, accessible via le village de Dazhai. Malheureusement pour nous, lors de notre passage, la météo n’était pas au beau fixe et le cycle de développement du riz n’avait pas encore démarré.

 

 

Plus loin, dans la vallée de Yangshuo, on trouve des rizières planes dans lesquelles le travail du sol se fait encore avec les buffles d’eau. Bien sûr ici, l’agriculture est encore familiale avec des surfaces moyennes exploitées de l’ordre de 65 ares par fermier !!!

Buffles d'eau dans les paysages karstiques de Yangshuo.

Buffles d’eau dans les paysages karstiques de Yangshuo.

 

 

 

 

 

 

 

 

En remontant au-delà du Yangzi, la culture du blé fait son apparition notamment entre Xian et Pekin avec peu de diversité dans le paysage agricole : des champs de blé parfois entrecoupés de vergers et de serres. Cependant, la topographie du terrain permet de retrouver des parcelles de taille importante et on se croirait parfois en plaine de Champagne.

 

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On le sait peu, mais le Vietnam est le 2ème pays exportateur de café au monde, derrière le Brésil et le premier producteur pour la variété « ROBUSTA ». En 2012, cela représentait près de 600 000 agriculteurs qui cultivaient du café, essentiellement sur les hauts plateaux vietnamiens. Parmi ceux-ci, un français, Pierre MORERE produit un café d’exception dans la région de DALAT.

En allant à la rencontre de M. MORERE, nous nous attendions à visiter une plantation de café. C’est en fait bien plus. D’emblée, ce français installé à Dalat nous étonne par son histoire.

Pierre MORERE nous parle de son café

Pierre MORERE nous parle de son café

Pour lui, le café est avant tout une aventure humaine. La variété Bourbon pointu, importée de la Réunion, fut perdue par la suite. Pierre l’a retrouvée en forêt grâce aux montagnards, ethnie locale auprès de laquelle il a vécu 8 années. C’est désormais cette variété très particulière qu’il cultive à l’ancienne, effectuant le travail à la main, avec minutie. Il nous raconte la vie dans les villages des minorités et l’importance de leur connaissance ancestrale de la forêt, et de la nécessité de la mettre en avant pour en tirer des enseignements. Des montagnards, monsieur MORERE a tout appris sur le café : le planter, le récolter, le préparer…

 

Le filtre plat permet une meilleure infusion.

Le filtre plat permet une meilleure infusion.

Chaque étape a son importance jusqu’au filtre presque plat qui permet une meilleure infusion. Et ce savoir lui sert à produire un café haut de gamme, à la qualité bien française, comme il le souligne. Nous ne sommes pas de grands amateurs de café, pourtant celui-là nous a tout de suite séduits par sa finesse, c’est un vrai régal.

Lors de notre rencontre, M. MORERE a particulièrement insisté sur l’importance de la notion de « dette », que tout investisseur connaît bien, et qui fait parfois passer des nuits blanches à ceux qui la contractent. En effet, il nous explique que la confrontation des petits producteurs du Vietnam aux firmes internationales ne s’est pas faite sans problème. Pour les ethnies montagnardes, il a fallu emprunter de l’argent pour démarrer certaines plantations. Beaucoup d’entre eux, plus habitués à des « échanges » qu’à des « chiffres », ne connaissaient pas ce principe de « prêter de l’argent », et ont parfois dû vendre leur lopin de terre pour rembourser leurs dettes.

La vidéo de notre rencontre:

Ethnologue de formation, M. MORERE travaille au moment où nous le rencontrons, à l’ouverture d’une galerie d’exposition d’outils, armes de chasse et autres objets du quotidien de ces villages de minorités auxquels l’étranger n’a pas accès ; ainsi qu’à l’accueil des touristes dans un éco-lodge situé aux abords d’une partie de la plantation.

Une maison traditionnelle dans l'éco-lodge

Une maison traditionnelle dans l’éco-lodge

Au milieu des arbres, quel calme ! Les coquettes habitations sur pilotis sont faites de bois, sur le modèle de celles des villageois. Ces derniers les bâtissent en longueur, car dans leur culture matrimoniale, un nouveau couple équivaut à une nouvelle cloison dans la maison familiale. Voilà un cadre vraiment authentique qui change du tourisme de masse.

 

 

Pour plus d’information sur le café Bourbon MORERE: http://www.domainemorere.com/

Pour continuer à avancer dans ses projets, Pierre MORERE est présent sur une plateforme de financement participatif: http://www.kisskissbankbank.com/le-cafe-bourbon-pointu-morere-du-vietnam-un-cafe-d-exception?ref=selection

 

 

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L’huile de palme en Malaisie
13 avril2016

Un paysage uniforme

Le long des routes de Malaisie, comme dans la région de Jerantut, le palmier à huile règne en maître. Depuis l’avion déjà, il semblait omniprésent, depuis le sol, il apparaît comme LE paysage inévitable, exclusif même par endroits. Sur des kilomètres et des kilomètres, la route est bordée de part et d’autre de ces arbres fruitiers qui nous font immanquablement penser aux régions exotiques,  aux vacances au soleil, même. Ici comme dans d’autres régions du monde, ils sont surtout synonymes de production massive et de déforestation. Il est en effet surprenant de ne rencontrer que ces fameux palmiers sur de telles surfaces, et si, avec nos yeux de visiteurs occidentaux, nous les trouvons superbes, il nous est difficile de ne pas noter l’absence de biodiversité dans ces zones : sur un sol d’herbe courte, étagé en terrasse dès que la terre s’incline un peu, les palmiers s’alignent tels des soldats bien en rang comme poussant sur la jungle là où elle les côtoie de trop près.

Plantation de palmiers à huile.

Plantation de palmiers à huile.

Les plantations sont sillonnées de chemins d’accès qui séparent chaque rangée d’arbres de sa voisine, le long desquels des branches mortes sont alignées au pied des troncs. De temps à autre, un large panneau vert annonce le nom de la plantation. Des barrières marquent l’entrée pour les véhicules, parfois assortie d’une cabane, ou d’une petite maison en bois.

Sur la route, nous croisons une bonne douzaine de camions chargés d’énormes grumes : on continue de trancher dans le vif non loin de là. Un peu plus tard, nous passons devant une scierie… et des espaces desséchés, rasés d’où émergent quelques souches.

La Malaisie est le deuxième producteur mondial d’huile de palme après l’Indonésie et premier pays au monde pour sa vitesse de déforestation.

Une production controversée

Dans les pays occidentaux, comme en France, l’huile de palme n’a pas bonne presse, tant pour son poids sur la déforestation que pour l’impact de ses acides gras saturés sur la santé. Mais il est bien difficile de démêler le vrai du faux.

Zoom sur les fruits du palmier à huile.

Zoom sur les fruits du palmier à huile.

En Malaisie, il subsiste encore quelques petits producteurs. Ainsi, Ahmed, rencontré aux abords de Jerantut, nous explique que la petite plantation de “palm trees” que l’on peut voir le long de la route ne suffisait plus à sa propriétaire pour pouvoir envoyer ses 5 enfants à l’école. Aussi a-t-il continué plus loin, dans une exploitation plus grande, plus moderne, mieux équipée. Peut-on décemment le lui reprocher ?

Cependant, lorsque l’on échange avec les Malaisiens, il s’avère que la majorité des plantations sont désormais détenues par de grands groupes aux capitaux étrangers. Jay, rencontrée à Tana Rata, nous explique :

Personnellement je pense que la population malaisienne est opposée à 70 % à cette culture car elle n’apporte rien au pays et elle détruit nos forêts. Si encore cela faisait du travail pour les Malaisiens… Mais non, les grandes firmes font venir les ouvriers de Thaïlande, ou d’autres pays asiatiques où la main d’œuvre est meilleur marché. Vous avez vu dans les plantations quelle est la nationalité des ouvriers ? Ce sont à 90 % des Birmans. Quant à l’impact sur nos forêts, c’est tout simplement dramatique. La faune sauvage, par exemple les orangs outangs en pâtissent sévèrement et ce sont des écosystèmes entiers qui sont détruits ».

Dans sa guesthouse, des affiches encadrées montrent clairement sa position sur le sujet : ” deforestation kills more than trees” (la déforestation ne tue pas seulement les arbres).

Palmier à huile à Jerantut.

Palmier à huile à Jerantut.

Alors oui, l’accroissement des surfaces en palmier à huile est responsable de déforestation de forêt primaire, mais les organismes qui défendent cette production, telle que la MPOC (Malaysian Palm Oil Council) ont d’autres arguments : comparé aux autres huiles végétales telles que l’huile de soja ou l’huile de colza, le faible coût de production (malgré un besoin de main d’œuvre important à la récolte) couplé à de très bons rendements fait aujourd’hui de l’huile de palme un terrible concurrent pour les autres productions d’huile végétale. Ainsi le rendement total en huile d’un palmier atteint 4 T/ha, alors qu’il est de 0,8T/ha pour le soja et 1 T/ha environ pour le colza. Les palmiers à huile seraient donc une solution pour nourrir la population mondiale de demain tout en utilisant un minimum de terres. Cet organisme n’hésite d’ailleurs pas à insister sur le fait que 60 % du territoire malaisien reste couvert d’une forêt parfois 3 fois plus vieille que l’Amazonie et que ce ratio bien qu’en diminution reste bien meilleur qu’en Europe. Cela étant, la moitié de ces forêts comptabilisées est en fait constituée de palmiers à huiles et d’hévéas, donc les chiffres sont à prendre avec précaution, comme toujours…

La bonne nouvelle, c’est que certains producteurs commencent à se tourner vers une norme CSPO, certifiée, qui viserait à une meilleure sauvegarde de la forêt et de sa biodiversité. Cela sera-t-il efficace, ou n’est-ce que du marketing ?

Pour plus d’informations, rendez-vous sur ce lien.

D’autres problèmes sont à l’ordre du jour en Malaisie et surtout en Indonésie : il s’agit de l’impact social de ces développements sur les populations indigènes qui vivent dans la forêt et qui en tirent subsistance. Ainsi, en Malaisie, les Orang Asli sont régulièrement déplacés pour permettre de nouveaux défrichages.

Alors difficile de se faire un avis tranché sur la question… même si on penche quand même du côté de l’avis de Jay… En tant que consommateur occidental, il nous est possible de limiter notre consommation.  Selon nous, un meuble en bois exotique ou une pâtisserie avalée en 5 minutes ne valent pas qu’on arrache un arbre de la forêt primaire.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Répondez à notre sondage ci-dessous et n’hésitez pas à partager votre opinion dans vos commentaires.

Prêtez-vous attention à la présence d'huile de palme dans les produits que vous consommez ?

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Cet article a été rédigé à l’aide de diverses rencontres sur le terrain, aux abords de plantations en complément de recherches sur le sujet. Malheureusement, la MPOC que nous avons questionnée sur le sujet a soudainement cessé de nous répondre à partir du moment où nous avons souhaité échanger sur le sujet de la déforestation…


Réponse au quizz précédent : Le Durian est un fruit qui sent tellement fort qu’il est interdit dans les lieux publics dans beaucoup de pays du sud-est asiatique. En revanche, il a un goût beaucoup plus modéré (un peu comme les fromages français odorants)…

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