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Malgré le nombre important de visiteurs, une visite à ULURU, l’emblème de l’Australie, reste un moment extraordinaire. Il règne autour de ce “gros caillou” une atmosphère surréaliste, quasi mystique. Il faut dire que personne ne peut rester insensible à la première vision du rocher, surtout lorsque, après avoir parcouru des centaines de kilomètres de désert hostile et plat, on voit tout à coup surgir cette immense masse orange. Et plus on s’en rapproche, plus l’impression de gigantisme est fort.  En plus d’être un site naturel exceptionnel, il est le lieu de vie d’une communauté aborigène (les Anangu) depuis la nuit des temps. Ils sont d’ailleurs aujourd’hui toujours propriétaires du site et ce sont eux qui gèrent les droits d’entrée au parc naturel.

La visite du site peut consister à en faire le tour ou a monter au sommet. Toutefois, s’agissant d’un lieu sacré pour la communauté aborigène d’Uluru, ces derniers demandent aux visiteurs de ne pas tenter l’ascension. Cependant, celle-ci reste tolérée car les gérants du site ont peur que la fréquentation du lieu ne chute si l’interdiction de monter au sommet était appliquée. En tout cas pour nous, c’est clair : par respect pour les aborigènes, pas d’ascension de ce haut lieu sacré.

Notre visite se fera donc en faisant le tour du rocher et en découvrant plusieurs trous d’eau sacrés, des peintures rupestres évoquant les animaux et plantes des environs, et des lieux de vie des aborigènes. Certaines parties du rocher ne doivent pas être photographiées.

Voici quelques photos prises lors de notre visite:

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Dans la Barossa Valley, point de coteaux mais plusieurs cépages et tout particulièrement la Syrah. Il y tombe peu de précipitations, et les vignes poussent à plat, sous un soleil de plomb. D’ailleurs ici, pas de pallissage, ni d’effeuillage, pour protéger les baies. 90 % du vignoble est irrigué, mais pas chez Joseph “Joe” Evans (Ballycroft Vineyard and Cellars) qui cultive seul et à la main 6 hectares de vignes. Chez lui, les baies sont donc plus petites et très concentrées en sucre. Il obtient ainsi un vin titré à 16 – 20 % d’alcool, mais pourtant très équilibré.

Au bout de la rue, la “winerie” Murray Street a quant à elle recours à l’irrigation pour son vignoble et obtient des raisins bien plus gros qui donnent un vin plus doux et classique à 12-14°. Là, nous rencontrons Florian, installé en Australie, et nous avons droit à une visite guidée dans la langue de Molière. Il nous explique donc que la cuverie fonctionne un peu comme une coopérative : 60 % des 500 à 600 tonnes pressées ici chaque année sont déposées par les producteurs des environs, le reste provient de vignes appartenant à la winery.

Les mélanges sont possibles et le plus courant est le GSM (Grenache, Syrah, Mourvèdre), mais on trouve aussi du Syrah/Cabernet, Syrah/Mourvèdre ou Syrah/Viagnier.

Les vendanges s’échelonnent entre février et avril, suivant les cépages : on récolte d’abord la Syrah, puis le Cabernet et enfin le Mourvèdre.

Après la vendange, le raisin est amené à la winery dont les installations sont semi-extérieures. En effet, le climat de la vallée ne nécessite pas de les protéger de la pluie (il n’y a aucune précipitation entre janvier et mai) :

Florian nous montre le fonctionnement de l’érafloir

 

1. Eraflage : si le raisin est trop chaud à la cueillette, ce dernier est refroidi avant de passer par l’érafloir. Les baies sont séparées des rafles. Les vendangeuses mécaniques utilisées pour les vignes hautes sont parfois équipées d’un érafloir.

 

 

 

 

 

Fouloir

 

2. Foulage : pour certains cépages à la peau “dure” un passage par le “crusher” est nécessaire : les raisins sont délicatement éclatés pour permettre la libération du jus sans altérer les pépins.

3. La première fermentation alcoolique va utiliser des levures pour transformer le sucre en alcool et en différents éléments secondaires.

4. Pressurage : Murray Street s’est équipé de pressoirs nouvelle génération qui ont remplacé les modèles traditionnels en bois.

Installations semi-extérieures

5. La fermentation malo-lactique à température contrôlée : pour l’élaboration des vins rouges (majeur partie des vins produits chez Murray Street), cette seconde fermentation permet de transformer l’acide malique en acide lactique. Ici, elle nécessite entre 2 et 4 semaines et il est souvent nécessaire d’ajouter de l’acide tartrique au cours de la fermentation. Le domaine Murray Street est équipé de 36 cuves de 6 tonnes chacunes et de quelques-unes de 18 tonnes.

 

 

 

 

 

Une dégustation dans le chai6. Mise en fût, pendant 6 mois à 2 ans. Les fûts en chêne utilisés proviennent de tonnelleries de France et des Etats-Unis.

On trouve des bouchons à vis sur toutes les bouteilles, même pour les vins de garde.

La winerie Murray Street exporte son vin en Chine, aux USA et au Canada.

Joe, lui, n’exporte pratiquement pas, car il ne produit qu’environ 500 bouteilles par an. Par ailleurs, les consommateurs (notamment les Européens) ne sont pas habitués à son “big wine” à haute teneur en alcool. Horticulteur, il fait également pousser une grande variété de fruits, légumes et plantes aromatiques vendus localement. Le raisin qu’il récolte est emmené au bout de la rue, à Murray Street, pour le pressurage (au pressoir à l’ancienne) et la vinification, mais Joe garde la main sur tout le processus et sa production garde sa spécificité et son équilibre.

Rencontre avec "Joe"

En Australie, la vente de boissons alcoolisées est taxée à 40 %, et Joe nous explique que le gouvernement envisage de mettre en place une taxation progressive en fonction du taux d’alcool : ainsi, un vin “fort” comme le sien sera plus taxé qu’un vin doux. Il craint que cela n’entraîne une baisse de qualité chez les gros producteurs, qui tenteraient de baisser le titrage alcoolique de leurs vins juste en dessous des palliers fixés par les autorités afin de diminuer les prélèvements fiscaux, même si cela risque d’altérer leur qualité gustative.

pour gouter le vin de Joe: http://www.ballycroft.com/

 

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Cette semaine, nous sommes partis à la rencontre de Leigh FITZGERALD et de sa femme Laura en Australie du sud, et plus précisément dans la petite ville de KIMBA. Leigh est céréalier et exploite actuellement 4 400 hectares de terres agricoles dans l’une des régions les plus sèches de l’état. Nous allons vite nous apercevoir que nos références champenoises n’ont pas lieu d’être ici. En effet, Leigh exploite ses 4 400 hectares avec un seul salarié et avec l’aide ponctuelle de son père. Il n’a qu’une seule moissonneuse et seulement 3 tracteurs. Bon ! le ton est donné.

Leigh s’est installé, sans aucun aide, il y a 20 ans en reprenant la ferme familiale. Avec son père, il est aujourd’hui propriétaire de 3 500 hectares et a repris cette année 400 hectares en location pour une durée de 3 ans renouvelable.

Notre entretien durera plusieurs heures, voici quelques extraits de celui-ci où Leigh nous présente son exploitation, nous donne un aperçu du prix des terres agricoles australiennes et de la politique agricole du pays. Lors de la visite de son exploitation, il nous présente aussi sa lutte contre l’un des principaux problèmes de l’agriculture sud-australienne: le manque d’eau.

Voici une vidéo de notre rencontre:

Et quelques photos de notre visite:

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L’Australie est plus grande que l’Europe, et les distances entre villes sont impressionnantes. Il n’est pas rare de parcourir 250 kilomètres en ne voyant aucune habitation. Lors de notre traversée de l’Outback Australien pour rallier Alice Springs depuis la côte Est, la monotonie des paysages de désert et steppes a été rompue par notre rencontre fortuite avec un convoi de bovins arrêté. L’occasion était trop belle d’aller échanger avec le chauffeur et les quelques “drovers” présents pour s’occuper des animaux descendus du gigantesque camion à 3 remorques.

Nous étions à peine sortis de la voiture que quelqu’un était déjà en train de nous faire des grands signes pour les rejoindre… l’accueil australien que nous avons eu la chance d’expérimenter à maintes reprises ! En arrivant près du ROAD TRAIN (camion pouvant tracter jusqu’à 4 remorques) de 53 m de long, le chauffeur était occupé à faire sortir les quelques 250 bovins du camion, à l’aide d’un “TASER” dont l’extrémité délivre des petits chocs électriques. En fait, nous apprendrons plus tard qu’il s’agit là d’une infime partie des bovins de la station d’élevage d’Alexandria, la seconde plus grande exploitation d’élevage du monde et 1ère d’Australie, avec quelques 80 000 têtes au total réparties sur 1 600 000 hectares. Le chauffeur nous explique que ces animaux proviennent d’une ferme dans l’Ouest et sont déposés ici avant qu’un nouveau ROAD TRAIN venant de l’Est ne viennent les chercher le soir même pour les amener vers des pâturages plus verts… Le chauffeur nous explique que cette station appartient à une firme anglaise nommée NAPCO (North Australian Pastoral Company) et qu’il a toujours travaillé dans cet élevage.

L’accent “du bush” du chauffeur, un aborigène aux yeux bleus, est tel que nous avons parfois bien du mal à comprendre ce qu’il nous dit, mais ce personnage tout droit sorti d’un western mérite bien une courte vidéo de notre rencontre :

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En Australie, la canne à sucre est cultivée sur 2100 kilomètres, le long de la côte Est, entre Mossman et Grafeton. Avec 4000 fermes dédiées, c’est l’une des plus importantes industries du monde rural, qui place le pays en 3ème producteur mondial.

Nous avons visité celle de Gérard et Thérèse PUGLISI dans le Queensland. La grande majorité de leurs 190 ha de terres est destinée à la production de canne à sucre, mais ils se sont récemment diversifiés grâce à la culture du cacao (2 ha).

La canne

Les cannes peuvent atteindre 2 à 4 mètres de haut

Les cannes peuvent atteindre 2 à 4 mètres de haut

70 % du sucre dans le monde est produit à partir de canne, les 30 % restant étant issus de la betterave sucrière. Les pieds atteignent 2 à 4 mètres de haut et ressemblent à du bambou. Cette plante tropicale a besoin de beaucoup de soleil pour pousser, ainsi que d’au moins 1,5 mètre de précipitations annuelles ou d’un accès à l’irrigation (inutile sur les terres de la famille PUGLISI, puisqu’il pleut en moyenne 2500 mm d’eau par an dans cette partie du Queensland). Rien ne se perd dans la production : la canne fournit bien sûr du sucre, mais aussi des biocarburants, de l’électricité, du papier, du plastique et même des compléments alimentaires pour le confort digestif…

La culture de la canne à sucre

1. Planter

La canne pousse à partir d’un morceau de canne à sucre mature de 40 cm replanté par une planteuse spécifique qui les recouvre de terre et de fertilisants.

2. Faire pousser

Le climat tropical apporte beaucoup d’eau et l’ensoleillement nécessaire pour que les nouvelles pousses émergent du sol au bout de 2 à 4 semaines. Chaque plant peut donner naissance à une douzaine de jeunes pousses. Il faut ensuite attendre 9 à 16 mois dans le Queensland, mais de 18 à 24 mois dans les régions moins chaudes comme la Nouvelle Galle du sud, pour parvenir à maturité.

3. Coupe de la canne

La toute nouvelle moissonneuse coupeuse dans la cours de l'exploitation

La toute nouvelle moissonneuse coupeuse dans la cours de l’exploitation

La moissonneuse-coupeuse tranche les cannes à la base et les récolte puis les coupe en tronçons de 30 cm et les dirige vers une benne suiveuse. En Australie, la moisson a lieu d’ordinaire durant les mois secs, de mai à novembre. Lors de notre passage dans l’exploitation, la toute nouvelle machine de la ferme (762 000 $ = 495 000 € d’investissement) était à l’œuvre dans les champs.

 

 

 

 

 

 

 

Une courte vidéo de la récolte :

 

4. Transport jusqu’au moulin.

Wagons de canne en bout de champ prêt pour le transport.

Wagons de canne en bout de champ prêt pour le transport.

Pour minimiser sa détérioration et l’évaporation de son jus, la canne doit être acheminée au moulin dans les 16 heures qui suivent la récolte. Pour cela, des containers spécifiques sont remplis à la sortie du champ et acheminés en semi-remorque pour le transport routier ou via les 850 kilomètres de rail du « cane-train ». En effet, ce réseau très développé permet de relier la majorité des fermes à la sucrerie. Il faut d’ailleurs conduire très prudemment près des champs, car le train traverse la route en de multiples endroits sans se signaler autrement que par des feux clignotants (il n’y a pas de passages à niveau). Pendant la saison de la moisson, le train circule 24h/24 et 7j/7.

Mme Puglisi nous explique qu’en Australie, il n’y a pas de quota et que chaque agriculteur peut produire autant qu’il le souhaite. L’état impose des normes très strictes, mais n’apporte aucune aide financière. Selon elle, ce métier se fait par passion, celle de nourrir la population. L’installation d’un jeune est impossible s’il n’est pas issu du monde agricole. C’est d’autant plus vrai qu’il n’existe aucune aide à l’installation prévue par l’état. Son époux est le directeur de NextGen, programme développé pour répondre aux besoins de la nouvelle génération de cultivateurs de canne. Cet organisme apporte des conseils techniques, économiques et même patrimoniaux pour guider les jeunes agriculteurs.

En 2009, suite à la chute du prix de la canne, de nombreux exploitants ont fait faillite. Les Puglisi ont choisi de se diversifier de multiples manières pour faire face aux fluctuations des prix à venir. Ils se sont lancés dans la culture du cacao et la vente du chocolat et de produits dérivés (cosmétiques, moissonneuse miniatures…) dans la boutique ouverte au siège d’exploitation pour compléter les « farm-tours » qu’ils organisent plusieurs fois par semaine.

Dans le Queensland, l’ouverture des fermes au public est assez rependu et a sa place dans les brochures touristiques au même titre que les plongées sur la grande barrière de corail. La culture de la terre est un élément fondamental de la Culture du Queensland. La démarche d’inclusion de l’agriculture dans la culture locale, bien que déjà présente en Champagne-Ardenne, nous semble un élément qui pourrait progresser d’avantage et pas seulement dans le champagne ou l’agriculture biologique, mais aussi dans l’agriculture conventionnelle qui peut-être tout aussi intéressante pour le néophyte ou le touriste de passage.

 

 

 

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